Seulement 36 % des Québécois atteignent la cible de consommation de 5 portions de fruits et légumes par jour
On entend souvent que la population est de plus en plus consciente de l’importance d’avoir une alimentation équilibrée. Les données de NutriQuébec montrent pourtant qu’une majorité de la population ne parvient pas à suivre les recommandations en matière de saine alimentation.
Ce que consomment les Québécois
- C’est un peu plus du tiers des adultes (36 %) qui consomment 5 portions ou plus de légumes et fruits par jour, loin de la cible de 50 % fixée par la Politique gouvernementale de prévention en santé du gouvernement québécois.
- Les Québécois consomment également trop de sel : 8 adultes sur 10 consomment plus de 2 300 mg de sodium par jour, le maximum recommandé par les experts à ne pas dépasser pour prévenir les maladies cardiovasculaires.
- Seulement 3 adultes sur 10 consomment moins d’une boisson sucrée par semaine, une préoccupation additionnelle considérant que la surconsommation de boissons sucrées a de nombreux effets sur la santé. Pour visualiser les données, cliquez ici.
« Les données de NutriQuébec démontrent à quel point nous pouvons sous-estimer l’ampleur du défi que représente la saine alimentation au Québec. Notre étude a la particularité de pouvoir mesurer les effets dans le temps de certaines initiatives en matière de saine alimentation. On peut penser à l’arrivée récente du symbole nutritionnel sur les emballages, qui vise à identifier des aliments dépassant certains seuils de gras, de sel et de sucre. Alors que nos données montrent que 8 adultes sur 10 dépassent les recommandations des experts pour le sodium, il sera particulièrement intéressant de voir, dans le temps, si une telle mesure influence les choix des consommateurs et les aide à améliorer la qualité de leur alimentation », mentionne Benoît Lamarche, chercheur responsable de NutriQuébec et directeur du Centre NUTRISS de l’Université Laval.
Les personnes en situation d’insécurité alimentaire plus à risque
Les données NutriQuébec démontrent également à quel point l’insécurité alimentaire – soit un accès limité ou incertain à de la nourriture en raison de différentes contraintes dont des contraintes financières – influence la qualité de l’alimentation et contribue à accentuer les inégalités en santé.
- Alors que 40 % des personnes en situation de sécurité alimentaire atteignent la cible de consommer au moins 5 portions de fruits et légumes par jour, ce chiffre diminue drastiquement à 10 % chez les personnes en situation d’insécurité alimentaire.
- L’insécurité alimentaire est également associée à un degré d’adhésion plus faible des recommandations sur les choix alimentaires sains proposées par le Guide alimentaire canadien (GAC). En effet, le score d’adhésion au GAC sur 80 points est 10 points plus bas chez les personnes en insécurité alimentaire que chez les personnes ne vivant pas d’insécurité alimentaire. Pour visualiser les données, cliquez ici.
Ces constats sont particulièrement préoccupants considérant la croissance importante de l’insécurité alimentaire au Québec depuis la pandémie.
« Les données de NutriQuébec mettent en lumière le problème des inégalités sociales liées à l’alimentation. Cela rappelle l’importance de poursuivre les efforts d’éducation et de sensibilisation, mais aussi de modifier les environnements alimentaires pour que l’accès à des aliments de meilleure valeur nutritive soit facilité, en particulier pour les populations les plus vulnérables », précise Benoît Lamarche.
Les Québécois et Québécoises invités à participer au projet
Dans le but de fournir des réponses à plusieurs autres enjeux nutritionnels au Québec et brosser un portrait encore plus représentatif des habitudes alimentaires des Québécois en particulier dans les régions, NutriQuébec continue de recruter des participants pour enrichir sa cohorte.